Et ainsi naquit… la Belgique

Et ainsi naquit... la Belgique

Et ainsi naquit... la Belgique

Accueil chaleureux…

Voici, selon le témoignage de Pierre Nothomb, comment, le 22 septembre, les hussards hollandais de van Balveren, entrés dans Bruxelles par la porte de Flandre, furent accueillis : « La rue de Flandre, silencieuse, avait digéré les trois escadrons (hollandais) : comme révoltée, elle retentit tout à coup de grands cris qui se mêlèrent aux bruits des trompettes. Les fenêtres s’ouvrirent toutes à la fois. À tous les étages des maisons populaires, les fusils crépitaient de haut en bas. Et les pavés, les seaux d’eau, les meubles, les bûches, les détritus, les bacs à cendres, les poêles tout allumés tombèrent sur les dragons dont les chevaux se cabrèrent, affolés. » Ajoutons-y pots de chambre, bouteilles, carcasses de lit, poutres, pavés, briques, tonneaux, tisons ardents, chaux vive… Un boulet se logea dans le fronton d’une porte monumentale et effaça l’épigraphe : « À Guillaume le meilleur des princes » !

C’est la débâcle parmi les Hollandais. 

Charlier Jambe-de-bois

Le héros de la journée du 25 septembre fut ce Liégeois volontaire, qui avait perdu la jambe droite à Waterloo. À Bruxelles, place Royale, il usa de son canon avec une telle habilité qu’il parvint à semer le désordre parmi les troupes hollandaises. Le général van Halen, commandant des insurgés, en fait cet éloge : « L’adresse extraordinaire et le sang-froid avec lesquels il a dirigé son feu, le bon exemple qu’il n’a cessé de donner, tant sur le rapport du courage que de la subordination, ont démontré en lui le patriote dévoué et l’ancien soldat. »

On prétend que Charlier sollicita une nouvelle jambe de bois parce que la sienne s’était cassée pendant les affrontements !