Gand : qui a volé l’Agneau mystique ? Un incroyable thriller qui dure depuis 1934

Remontons dans le temps jusqu’au 15e siècle.

Le 6 mai 1432, très exactement, l’on reçut dans la cathédrale Saint-Bavon de Gand un polyptique, c’est-à-dire une grande peinture sur bois faite de plusieurs scènes séparées.

Il s’agissait d’une œuvre des frères van Eyck, représentant L’Adoration de l’Agneau mystique.

Ce chef-d’œuvre majeur de la peinture, considéré comme l’une des Sept Merveilles de Belgique et inscrit sur la liste du patrimoine mondial, s’est retrouvé au centre d’un véritable thriller, à une différence près : ici, tout est vrai !

Dans la nuit du 10 au 11 avril 1934, deux panneaux de l’œuvre furent volés. Parmi eux, celui connu sous le nom des « Juges intègres ».

Toutes les polices du royaume étaient sur les dents.

Rapidement, il y eut une demande de rançon et un véritable jeu de piste commença. Mais un seul panneau fut retrouvé.

Fin 1934, Arsène Goedertier, un habitant de Wetteren, avoua sur son lit de mort – une mort mystérieuse, selon certains – être le voleur tant recherché. Il ajouta qu’il était le seul à savoir où se trouvait le second panneau. Mais, comme dans les films, il expira sans avoir eu le temps de dire où était sa cachette.

Depuis ce jour, certains ont passé́ leur vie à chercher. Le morceau de tableau serait toujours caché dans l’église selon certains. D’autres affirment qu’il aurait pris le chemin des États-Unis…

Dans la nuit du 10 au 11 avril 1934, deux panneaux de l’œuvre furent volés. Parmi eux, celui connu sous le nom des « Juges intègres » n'a toujours pas été retrouvé à ce jour.

Hitler lui-même, qui voulait ce panneau, délégua pendant la guerre un enquêteur spécial, un oberleutnant du nom de Koehn, qui, dit-on, tout proche de la solution à cette énigme, fut étrangement muté sur le front de l’Est…

L’évêque de Gand reçut, lui aussi, une demande de rançon et treize lettres signées « D.U.A » qui contiendraient la solution de ce mystère. En effet, en les étudiant, on s’est rendu compte que plusieurs expressions et tournures de phrases pourraient évoquer un lien avec la famille royale et, plus précisément, avec Albert Ier.

De plus, ces treize lettres ont été envoyées depuis différents bureaux de poste qui, placés sur une carte, se situent sur quatre axes dont le croisement tombe pile… à Laeken !

Autres indices troublants : sur le tableau lui-même, un personnage ressemble beaucoup à Albert Ier, et l’église représentée sur l’œuvre ressemble étrangement à celle de Laeken…

Il n’en faut pas plus pour que certains soient convaincus que le tableau serait caché à Laeken ou même dans la tombe du roi Albert Ier.

Hypothèse farfelue ou piste plausible ?

Le fait est que la partie manquante n’a jusqu’aujourd’hui jamais été́ retrouvée.

En 1945, le panneau manquant a été́ remplacé par une copie. Et pour qu’on puisse toujours bien identifier la copie, on a peint un des personnages avec le visage de Léopold III.

Cette œuvre immortelle, vous pourrez sans problème l’admirer dans la superbe ville de Gand.

Premier ouvrage en français sur le sujet, Le Vol de l’Agneau Mystique fait également le point sur les dernières recherches et se lit comme un roman d’aventures. Rien n’y manque: le faux coupable, le policier naïf, les dessous politiques de l’affaire, un faux Sherlock Holmes, sans oublier l’administration nazie qui se lance à la recherche du tableau. Tout se passe comme dans un bon thriller, à une différence près : ici, tout est vrai et l’énigme reste entière 75 ans plus tard.
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Après le succès immense des CurioGuides sur la Belgique (3 versions poches sorties en 2017), Pierre Guelff se penche sur les surprenantes et méconnues histoires de Belgique. Un parcours province par province à la découverte de notre pays, que nous ne connaissons pas aussi bien que l’on voudrait le croire ! Le présent tome est le résultat d’un choix personnel dans l’immense matière accumulée au fil des années. Comme tout choix, il est donc subjectif. Mais, la quête et, par corollaire, sa recension dans les précédents ouvrages n’étaient pas terminées puisque ce livre-ci est une édition revue et (nettement) augmentée avec de nouvelles chroniques datant de 2018 à 2020.

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