My Fair Lady a vu le jour à Ixelles

My Fair Lady a vu le jour à Ixelles

 

C’est au 48 de la rue Keyenveld à Ixelles (Bruxelles) que naquit le 4 mai 1929 Andrey-Kathleen Ruston, plus mondialement connue sous son nom d’actrice: Audrey Hepburn, célèbre interprète de My fair Lady (1964), Vacances romaines (1953), Guerre et Paix (1956) où elle fut une inoubliable Natacha.

Andrey Ruston était la fille d’un financier anglais né en Slovaquie en 1889 et représentant à Bruxelles à l’Association Générale de Crédit. Il était issu d’une grande famille de constructeurs de bateaux qui en 1832, s’était expatriée en Autriche-Hongrie pour lancer les bateaux sur l’Elbe, le Danube et les lacs autrichiens, et participer ainsi à l’industrialisation de ce pays. John avait fait ses études à Cambridge. Vice-consul britannique aux Indes néerlandaises dans les années 20, il y avait épousé la baronne Ella van Heemstra, divorcée de Jonkher van Ufford, officier d’ordonnance de la reine Wilhelmine des Pays-Bas, et déjà mère de deux fils, Arnould et Jean van Ufford. La noble lignée des van Heemstra était liée à la famille royale hollandaise et, notamment, propriétaire du château de Doorn où la Hollande permit au Kaiser Guillaume II de vivre en exil. Comme pseudonyme, Audrey choisit le nom de la première épouse de son arrière-grand-père Joseph John Ruston. Cette dernière était une Hepburn dont les ancêtres remontent jusqu’à John Hepburn, quatrième comte de Bothwell, troisième époux de Marie Stuart, reine d’Ecosse. Toutes les fées s’étaient donc donné rendez-vous au-dessus du berceau d’Audrey. La petite famille, trop à l’étroit, quitta la rue Keyenveld dès 1931 pour s’installer au 311 chaussée d’Ixelles, puis au 99 rue de la Source et enfin au grand air à Linkebeek, au Castel Sainte-Cécile. John Ruston avait des bureaux à Bruxelles au 170 avenue Louise.

En 1938, Audrey fut inscrite dans un pensionnat anglais, mais il semble que la discorde régnait au sein du ménage Ruston à cette époque. Le financiers avait des idées fascistes et travaillait dans le sillage d’Oswald Mosley. Il était également lié à Arthur Tester, agent allemand qui soutenait les fascistes anglais. Aidé de ce dernier et du général belge Maglinse, il créa en 1937-38 diverses sociétés dont l’European Press Agency qui tente, mais en vain, de racheter L’Indépendance belge.

Lorsque la guerre éclata, Madame Ruston rappela sa fille d’Angleterre et, avec ses trois enfants, partit vivre à Arnhem, en Hollande neutre, jugée plus sûre. Le père regagna l’Angleterre où il fut retenu comme suspect de pacifisme pendant toute la durée de la guerre. Par la suite, je le cherchai à Dublin où il s’était exilé après 1945, mais je ne parvins pas à retrouver sa trace car j’ignorais qu’il avait pris le nom d’Anthony Hepburn.

Audrey Hepburn, avec ses frères et sa mère, à nouveau divorcée, une habitude à prendre, vécut toute la guerre en Arnhem, jusqu’à la fameuse bataille des ponts de 1944.

Elle suivit néanmoins trois ans de cours de danse à Amsterdam avant de partir à Londres dans une école de ballets. C’est là que la romancière Colette va lui donner sa chance en la choisissant pour le rôle de Gigi. Le succès de cette pièce à New-York va propulser Audrey vers les plus hauts sommets du théâtre et du cinéma, jusqu’aux Oscars.

En 1954, elle épousa l’acteur-metteur en scène hollandais Mel Ferrer, avec qui elle eut un fils mais dont elle se sépara en 1968. Elle se remaria alors avec un médecin italien Andrea Dotti, de neuf ans son cadet. Nouvel échec. Jusqu’à sa mort, elle partaga son temps entre Rome et la Suisse, prêtant parfois ses services au couturier Givenchy. Elle s’occupa de son fils et ne revit jamais son père, sa mère y ayant fait obstacle. Elle en voulut aux Allemands et aux nazis d’avoir gâché son enfance: la perte morale de son père, dont elle ne parlait jamais, les souvenirs de la famine et des bombardements d’Arnhem et de Londres en 1944.