Trois anecdotes sombres du Namurois

Trois anecdotes sombres du Namurois

Trois anecdotes sombres du Namurois

Une histoire à briser le coeur
Beaucoup de légendes reposent sur un fond de vérité, telle celle qui suit, peut-être…
Au XIe siècle, le comte de Namur Godefroid a fait construire un château fort à Bouvignes, sur la rive gauche de la Meuse, non loin de Namur. En 1320, Marie d’Artois, fille du comte Jean Ier, décide d’ajouter un donjon sur un rocher à proximité : la tour sera appelée plus tard de Crèvecoeur. Voici pourquoi.
En 1554, le roi de France Henri II entreprend le siège du château, défendu par son capitaine, Pierre Harroy, et 300 hommes, dont plusieurs chevaliers. Trois d’entre eux sont trucidés sous les yeux de leurs femmes ou fiancées. Pleines de rage, elles quittent leur abri, haranguent les troupes et se mêlent à la lutte comme elles peuvent. Mais la défense est désespérée et les assiégeants arrivent devant les brèches. Alors, les trois femmes se retirent un moment et, à la stupéfaction de tous les hommes, réapparaissent sur le parapet du donjon en robes blanches, se tiennent la main et sautent ensemble dans le vide. L’événement dramatique « creva le coeur » des témoins, d’où le nom – paraît-il – du grand donjon de Bouvignes.

Phénomène étrange à Nismes
Dans le village de Nismes, près de Couvin, la « maison Baillis », maison seigneuriale remontant au Moyen Âge, est pour le moins intrigante. On la dit hantée depuis le XVIIe siècle, quand une femme de Moustier y est morte dans des circonstances troubles. Au début des années 1950, la locataire de l’immeuble était montée pendre du linge dans le grenier quand, soudain, une silhouette traversa la pièce avant de disparaître dans les escaliers. En 1970, on y décela des traces de pas que l’on a supposé être celles d’un fantôme. C’est en vain qu’on essaya de 394 le piéger avec des moyens de détection. L’année suivante, cependant, on capta une ombre blanche avec un appareil photographique infrarouge. En mai 1978, sa présence fut signalée, cette fois au premier étage. En mars 1980, toutes les lumières s’allumèrent sans que personne n’ait touché aux interrupteurs. En outre, on constata que le compteur électrique était hors d’usage, et sans fusibles, mais qu’il alimenta, malgré tout certains circuits. À la Noël 1985, alors que la maison était fermée pour l’hiver, tout chauffage éteint, on a observé un phénomène identique d’illumination mystérieuse. L’histoire raconte aussi qu’un individu y serait entré pour cambrioler et serait sorti sans rien emporter. S’agirait-il vraiment d’un fantôme ?

Dans le pétrin !
Après la fermeture de la pizzeria où elle était employée, au centre-ville de Namur, dans la nuit de vendredi à samedi, une dame de 32 ans a commencé à nettoyer les cuisines, dont le pétrin, un mastodonte haut de 1,70 m. Quand elle s’en est approchée, elle a sans doute, par inadvertance, enclenché le bras de l’appareil. Happée par les cheveux, la malheureuse a été aspirée dans la cuve, la tête la première et tout son corps a été broyé. Sa mort a dû être presque instantanée. L’enquête a révélé que le pétrin était vieux et que le système de sécurité avait été déconnecté.
L’inspection technique de l’Auditorat du travail s’est rendue sur place. Le propriétaire de l’établissement devra sans doute rendre des comptes au tribunal du travail pour coups et blessures involontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, par défaut de prévoyance ou de précaution.

D’après La Meuse, 23 octobre 2006