Ardente aussi pour déporter la Cité

Ardente aussi pour déporter la Cité

Ardente aussi pour déporter, la Cité

Partis de l’ouest avec Anvers, après être passés par Bruxelles, terminons cet horrible périple à Liège. La Cité ardente, la ville qui a toujours mis à l’honneur, souvent avec raison, sa capacité à résister à l’occupant et cela à travers près de mille ans d’histoire tumultueuse. En mai 1940, Joseph Bologne, le bourgmestre de la ville est réputé comme un personnage de caractère. Il va le prouver à plusieurs reprises, comme en 1941, en refusant que des Belges gardent les voies ferrées et qu’il y ait des otages dans les wagons pour prévenir les attentats des résistants. En 1942, c’est « non » aussi quand on veut ordonner aux hommes de sa police de saluer les officiers rexistes. Tout au long de ces premières années de guerre, il s’opposera à l’occupant ce qui finira par lui valoir d’être obligé de démissionner fin 1942 et d’être remplacé par un rexiste. Mais nouveau bourgmestre ou pas, rexiste ou pas, le mal pour la communauté juive est déjà fait. Car l’ancien bourgmestre n’a pas toujours été opposé à tout ce que voulait l’occupant, surtout en matière de chasse aux juifs.

En décembre 1940, Joseph Bologne rédige une lettre aux bourgmestres du Grand Liège pour définir comment appliquer parfaitement les différentes ordonnances, dont nous avons déjà parlé pour Anvers, concernant les Juifs.

Plus tard, c’est lui et son administration qui convoquent les travailleurs juifs qui seront déportés dans des camps de travail du Pas-de-Calais. Concernant les registres des Juifs, nos « Valeureux Liégeois » feront même plus que ce qui est demandé par les Allemands : on inscrit les gens à partir de treize ans alors que les Allemands eux-mêmes n’avaient demandé de le faire qu’à partir de quinze. C’est encore Bologne et son administration qui fourniront le registre des Juifs de la ville. Et, pour faire bonne mesure ? Les noms des étrangers résidant dans les communes liégeoises ainsi que les noms des militants communistes. La guerre terminée, Liège, qui pour beaucoup faisait figure de « capitale de la Résistance », mit à l’honneur ses partisans mais laissa dans l’ombre le sort réservé à sa communauté juive.

Ce n’est qu’en 2010 que son bourgmestre, après ceux de Molenbeek et d’Anvers, a présenté les excuses de sa ville à la communauté juive.

Ordonnance du 28 octobre 1940

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