La peinture à l’huile de Jan Van Eyck

La peinture à l’huile de Jan Van Eyck

La peinture à l’huile de Jan Van Eyck

De tout temps, les hommes ont utilisé la peinture pour s’exprimer. Plusieurs techniques picturales ont été utilisées. C’est au peintre belge Jan Van Eyck que l’on attribue, peut-être abusivement, l’invention de la peinture à l’huile. La technique reine !

Les premiers pas dans la vie de Jan Van Eyck restent un mystère pour bien des historiens. Il serait, semble-t-il, né, deuxième enfant d’une famille de quatre, vers 1387 dans la région de Maaseik. Les premiers documents attestant de son activité datent des années 1422 et 1424. Il est alors employé à la cour de Jean III de Bavière. Un an plus tard, au décès de ce dernier, on le retrouve, en qualité de valet de chambre et peintre, à la cour de du Duc de Bourgogne. Philippe le Bon va lui confier diverses missions, dont celle d’aller fixer sur la toile « la vérité de corps et de caractère » de l’infante Isabelle la fille du roi Jean Ier du Portugal. Il séjourne ensuite à Lille, puis à Bruges où il se marie. Une fille naîtra de cette union. Elle aura pour parrain le Duc de Bourgogne en personne. C’est dire les liens de respect et d’amitié qui unissaient les deux hommes, jusqu’à la mort de Jan Van Eyck, le 9 juillet 1441.

De nombreux mystères planent aussi sur l’œuvre de Van Eyck. La paternité de certaines toiles est contestée. Ainsi la plus célèbre d’entre elles, l’Agneau mystique, a été commencée par Hubert, son frère aîné et achevée par Jan en mai 1432, sans que l’on sache quelle est la part de chacun. Les portraits, signé Van Eyck sont en revanche, à coup sûr, de notre homme. D’abord parce qu’il y a des traces de commandes ou de rémunérations. Ensuite parce qu’il les a personnalisés, s’offrant parfois jusqu’à sa silhouette au cœur même du tableau. Comme c’est le cas dans le bien connu portrait des époux Arnolfini. Enfin, parce que sa technique est reconnaissable entre toutes.

"Adoration de l'Agneau Mystique" - Frères Van Eyck

Jan Van Eyck pratique, en effet, la peinture à l’huile. Ce n’est pas une invention. On sait que les Romains ont usé de l’huile pour colorier quelques décors muraux. On sait aussi que Jean Coste peignait déjà à l’huile en 1355 et que, selon le moine Théophilus, cette technique fut abandonnée car l’huile était difficile à sécher. Au terme d’un long travail de recherches, Jan Van Eyck a en fait eu l’idée, pour contrer ce problème, de faire cuire les huiles ordinaires en y mêlant diverses substances et résines afin qu’elles sèchent plus facilement. Il est donc bel et bien l’inventeur d’une technique qui a révolutionné le monde de la Peinture. Car elle a été reprise par tous les artistes de son temps.

Restaurateur de tableaux, Jean-Charles Fumoux s’est penché sur le « secret » de Van Eyck : « Les légendes qui entourent les Van Eyck, leurs techniques et surtout la composition de leur peinture sont nombreuses, écrit-il. Il existe pratiquement autant de thèses que d’auteurs qui ont écrit sur le sujet. Le mystère est d’autant plus profond et persistant que la grande majorité de ceux qui s’intéressèrent à ce problème étaient parfaitement étrangers au monde de la peinture et de ses techniques. »

Pour lui, Van Eyck ne s’est pas contenté de faire cuire les huiles avec des résines. En travaillant ce mélange, il a surtout obtenu, grâce aux effets désormais possibles de superpositions translucides, ce qu’on appelle des glacis. En superposant de la sorte des couleurs différentes, il a réussi à obtenir de nouvelles couleurs, comme le rouge profond que l’on va retrouver dans bien des tableaux de cette époque. Car la technique de superposition et les couleurs de Van Eyck seront très vite reprises par des générations de peintres. En ce compris par Léonard de Vinci, dont le célèbre « sfumato » en sera le digne héritier.

Six siècles après la mort de Jan Van Eyck, sa technique est encore pratiquée.