Il était une (première) fois, la Belgique s’endette…

Il était une (première) fois, la Belgique s’endette...

Il était une (première) fois, la Belgique s’endette...

Un nouvel État, quelle que soit la manière dont il s’est formé, se doit de fonctionner. Même mal, il faut que les choses se fassent. En 1830, nous avons un cruel besoin d’argent . Et à qui s’adresse-t-on quand on veut de l’argent ? Mais à une banque bien sûr ! Et justement, notre nouveau roi est très ami avec une banque on ne peut plus renommée, si pas la plus célèbre, la fameuse banque des Rothschild. 

Selon certains, si la Belgique va pouvoir exister à ce momentlà, c’est plus grâce aux Rothschild qu’au canon de Charlier à la jambe de bois. À la fin de l’année 1831, les Rothschild prêtent cent millions de francs. Mais tout le monde connaît les banquiers : ils ne prêtent que contre garantie ; ici, c’est simple, la garantie ce sera… oh, pas grand-chose, simplement tous les revenus du nouvel État. Pendant quarante « petites années », cette banque aura donc le contrôle de fait sur l’ensemble de nos finances. Le gouvernement est obligé d’accepter, les intérêts sont élevés, mais il n’a pas d’autre choix et de plus, il y est aussi poussé par Léopold et ses relations avec cette banque. Pour certains auteurs, la fortune de Léopold et des Cobourg viendrait aussi en grande partie de cette relation avec les Rothschild, qui ne manquaient pas bien entendu de rétribuer celui-ci en tant qu’« apporteur d’affaires ». L’année 1831 se termine donc sur un constat : des banquiers, aidés par le nouveau roi et avec l’assentiment des « représentants » de la Nation, ont fait main basse sur notre révolution belge et sur le pays. 

Salomon Rothschild, en 1839, dans une lettre à son homme de confiance à Bruxelles Louis Richtenberger, lui écrit en parlant de notre gouvernement : « Il n’est pas mauvais du tout que ces messieurs se rendent compte qu’ils ne peuvent compter sur nous d’autant qu’ils sont résolus à suivre une politique raisonnable et modérée ». 

Nous étions l’exemple même de ce que le célèbre anarchiste italien Errico Malatesta écrira en 1902 dans son livre L’Anarchie : « Rothschild n’a besoin, ni d’être député, ni d’être ministre : il lui suffit d’avoir a sa disposition les députés et les ministres ».