On a les plans… mais on se fera quand même avoir

On a les plans... mais on se fera quand même avoir

On a les plans… mais on se fera quand même avoir

Panzers allemands traversant les Ardennes en 1940

Le sombre personnage qui sert de chancelier à l’Allemagne met de plus en plus l’Europe et le monde sous pression avec ses délires de grandeur.

Nous, bien entendu, nous sommes toujours neutres et nous avons même déployé les deux tiers de nos unités face à la France. Pas que l’on se méfie plus de la France, on peut être idiots, mais quand même. Mais parce que proportionnellement à la longueur des frontières Sud et Est, il faut plus de soldats au Sud. CQFD !

Cette situation change quand même un peu quand en novembre 1939 on se rend compte que le Reich a un plan qui vise à attaquer la France en passant, bien évidemment, par chez nous ! Plan qui sera d’ailleurs confirmé le 10 janvier 1940 par l’incident de Mechelen-sur-Meuse, où un avion allemand perdu ayant fini par atterrir chez nous, on trouve sur les pilotes les plans secrets d’invasion.

Dès lors, nous allons sortir quelque peu de notre isolement et communiquer régulièrement avec les états-majors français et britannique.

Bien entendu dans le plus grand des secrets pour éviter une réaction allemande.

Ce secret est tellement bien gardé que non seulement l’opinion publique française, mais aussi l’armée française ignoreront cette collaboration au plus haut des niveaux, d’où l’incompréhension et la hargne qui se développeront après la capitulation de l’armée belge contre celle-ci, son commandant en chef, le roi Léopold III et tous les Belges réfugiés dans l’Hexagone.

Autre « petit détail » la Belgique s’astreindra jusqu’à la dernière minute à ses devoirs de neutralité et ce n’est pas avant 7 heures, soit plusieurs heures après les débuts de l’offensive allemande, que le commandement belge donne l’ordre d’enlever les obstacles qui bloquent la frontière avec la France. Les avant-gardes françaises ne franchiront la frontière belge qu’à partir de ce moment.

Hitler et ses généraux en juin 1942

À moyen terme, les conséquences de cet incident sont désastreuses pour la Belgique et la France. On a donc les plans, on sait que les Allemands passeront par chez nous et par Liège (comme d’habitude pourrait-on dire). En effet, le 10 mai, croyant à la réédition du plan Schlieffen appliqué en 1914, les Alliés se portent à la rencontre des Allemands qu’ils croient pouvoir arrêter sur la ligne KW, une ligne de défense installée entre Koningshooikt et Wavre, principalement le long de la Dyle. Mais les Allemands ont changé leur stratégie. Ils ont mis au point un plan qui, s’il donne l’impression de passer par Liège, est en fait fondamentalement différent et beaucoup plus audacieux : la traversée des Ardennes avec leur force blindée, ce qui pour nos experts et les Français est impossible… mais que les Allemands feront avant de passer la Meuse entre Namur et Sedan, pour foncer ensuite vers la mer.

Cette offensive très rapide, le Blitzkrieg, trop rapide pour des officiers prêts cette fois-ci pour 1914, permettra de couper en deux les armées alliées. Les corps d’armée français et anglais, entrés chez nous, seront ainsi isolés des troupes restées en France. Mais l’offensive allemande nous réservera encore bien des surprises, qu’elles soient le fait des Allemands ou encore simplement due à notre imprévoyance.

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