1913, nous sommes fin prêts pour…1870!

1913, nous sommes fin prêts pour...1870!

1913, nous sommes fin prêts pour... 1870!

L’armée belge de 1914 manque d’un peu de tout. D’hommes, d’officiers, d’encadrement, de matériel, de cavalerie et nous ne disposons en tout que de 120 mitrailleuses.

Une mobilisation faisant intervenir 15 classes de milice aurait dû être préparée. L’effort a été nul pendant 14 ans. On est neutres, n’est-ce pas ?

En 1914, la Belgique dispose de 90 000 hommes en état de combattre. Quand on dit combattre, c’est de la manière la plus statique possible, car nos soldats ne sont pas en état physique de marcher. Les pertes lors des marches d’entraînement sont épouvantables, et tous les hommes se plaignent d’avoir mal aux pieds, d’où l’impossibilité de procéder à des déplacements offensifs.

La mission des forts était de ralentir la progression de l’ennemi le temps de la mobilisation. Aucun ouvrage n’était censé résister à des pièces d’un calibre supérieur à 210 mm. Il aurait dû être adapté au nouveau calibre mais c’était… coûteux ! Heureusement, les calculs de Brialmont ont prévu de larges marges de sécurité. Mais tout de même, les forts finiront en tombeaux pour leurs défenseurs.

Côté intendance, c’est la catastrophe la plus complète. Les commodités sont situées à l’extérieur des forts. Pas facile pendant les combats de se rendre dans les lieux « d’aisance » ; idem pour les douches et la cuisine. Vous imaginez les odeurs et l’hygiène une fois le fort refermé sur lui-même !

L’extraction de l’air pose également de gros problèmes, qui vont apparaître au moment des assauts allemands. En bref, les forts belges sont dépassés 25 ans après leur construction, et ce n’est qu’aux marges généreuses de Brialmont qu’ils doivent de ne pas être pulvérisés dès les premières salves des obus de gros calibre. En fait, il apparaîtra après analyse que dans la plupart des cas, les forts ont finalement bien tenu le coup, mais les défenseurs ont dû hisser le drapeau blanc parce que l’air était devenu irrespirable. En dehors du fort de Loncin, ils n’étaient pas équipés de système de ventilation et, de ce fait, les hommes avaient droit aux gaz, fumée des explosions, poussière et odeur des excréments à tous les étages. Le risque de périr asphyxié était plus grand que celui de mourir suite à un coup direct d’un obus de 350. On a la relation de certains canonniers du fort de Loncin qui accepteront de périr en s’asphyxiant à leur poste pour continuer à tirer et à défendre le fort. Cela alors que des machines d’extraction d’air existaient déjà…

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