Tueurs du Brabant : une histoire de manipulation ?

Tueurs du Brabant : une histoire de manipulation ?

Tueurs du Brabant :
une histoire de manipulation ?

Une des théories les plus satisfaisantes est celle de la manipulation, c’est-à-dire plusieurs bandes dirigées dans un même but par un groupe d’hommes avec un objectif bien précis.

Pour arriver à leur but, ils utilisent aussi bien de petits malfrats comme les Borains, que de petites frappes prêtes à tout et en manque perpétuel d’action, jusqu’au grand banditisme en passant par l’extrême droite. Où l’on retrouve pêle-mêle des membres de l’armée, de la gendarmerie, de la police et de mouvements fascistes secrets. N’oublions pas que la situation de la Belgique à l’époque n’était pas très éloignée de celle de l’Italie où l’extrême droite (MSI, SISMI et P2) utilisait le milieu criminel et mafieux pour créer une terreur noire.

Chez certains, qui ignorent à quel jeu ils jouent, le moteur pour agir est l’argent ; pour d’autres, la dépendance à la drogue ; pour d’autres encore, la volonté de déstabiliser l’État pour en reconstruire un plus fort ou totalitaire.

Tous étaient gérés par des commanditaires qui versaient l’argent, assuraient les impunités, fournissaient les armes, toujours les mêmes pour faire croire à une seule et même bande, tout cela au moyen d’un système très cloisonné, qui mettait au travail des contractuels différents et successifs mêlés à des gens agissant au nom de leur idéologie d’extrême droite, qu’ils soient militaires, gendarmes, policiers ou agents secrets.

Cette théorie de la manipulation se trouve renforcée par les déclarations troublantes à plus d’un titre, et qui furent faites à plusieurs reprises et de manière informelle par des membres des bandes Haemers, De Staerke ainsi que par les Borains. Tous, à un moment donné, ont fait référence au fait qu’ils ont agi comme membres d’une « organisation supérieure ». Haemers l’a dit à deux reprises. Et dans une lettre à Jean-Pierre Van Rossem, écrite depuis la prison de Saint-Gilles après son arrestation et son extradition du Brésil fin 1989, Haemers faisait allusion à un contrat proposé par un des suspects liés aux tueries. Un des membres de la bande Haemers a déclaré, en parlant des tueries, qu’elles étaient politiques, du terrorisme pur et simple de l’extrême droite, en citant des noms d’anciens gendarmes et des noms de trafiquants.

Toujours selon l’ancien complice de Haemers, on recrutait des gangsters même derrière les barreaux pour effectuer certains coups.

Johnny De Staerke y a fait aussi allusion : « J’ai été choisi sur base de mon dossier. » Karafilis de la bande De Staerke y a fait référence également, tout comme Salesse qui dit : « Pour moi l’affaire est close, il faut chercher plus haut ». Bouhouche, un ancien gendarme faisant partie des principaux suspects, parlait d’une « organisation structurée ». Cocu, de la bande des Borains, a déclaré : « Quand vous arrivez plus haut, on vous dira d’arrêter l’enquête, de toute façon si je suis condamné je parlerai ». Vittorio a tenu plus ou moins le même langage. Parlaient-ils tous de ceux qui, tout au-dessus, tiraient les ficelles ?

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