Le retour des Tueurs

Le retour des Tueurs

Le retour des Tueurs

Le « règne » des CCC sur l’actualité criminelle du pays est tout doucement en train de prendre fin, ils seront d’ailleurs arrêtés le 16 décembre 1985. Mais le 27 septembre 1985, l’enfer qu’on croyait disparu refait subitement son apparition dans le Brabant wallon. Plusieurs individus portant des masques de carnaval, comme lors des attaques des années précédentes, surgissent brusquement sur le parking du Delhaize de Braine-l’Alleud, où ils se mettent à tirer dans toutes les directions. Ils tueront ainsi trois personnes et en blesseront plusieurs autres très grièvement. Les témoins sous le choc les voient se faire remettre l’argent des caisses puis repartir. Tout le monde pense alors aux secours à porter aux victimes. L’alerte, à cause de la panique ou de la négligence, n’est pas donnée, on ne fait rien pour intercepter les Tueurs. Une erreur lourde de conséquences, car leur journée n’est pas terminée.

En effet, sans perdre la moindre minute, ils se rendent à une douzaine de kilomètres de Braine-l’Alleud, au Delhaize d’Overijse, où ils répètent les mêmes gestes que ceux qu’ils ont posés quelques instants plus tôt. Le bilan sera encore plus terrifiant : cinq personnes tuées parmi lesquelles un jeune garçon de 13 ans, et plusieurs blessés. Toute cette horreur pour les maigres butins de 200 000 francs à Braine-l’Alleud et de moins d’un million à Overijse ! Les personnes présentes lors du massacre parleront de celui qui semblait être le chef du commando comme d’une personne ayant une taille nettement au-dessus de la moyenne. La presse s’empressera de lui donner le surnom de Géant.

Les analyses balistiques de cette double agression sanglante montreront qu’elles ont été commises si pas par la même Bande de Tueurs que celle responsable des attaques de 1982-83, du moins par les mêmes armes.

Face à ces faits extrêmement violents, contre lesquels la justice semble impuissante, le pays est horrifié, tétanisé. Jamais, en dehors des guerres, on n’a connu dans notre paisible pays une violence de cette nature. Le pays est d’autant plus désemparé qu’à ces attaques, il faut ajouter les nombreux attentats à la bombe commis quelque temps auparavant par les CCC.

Les habitants ont peur, se dépêchent quand ils osent encore se rendre dans des supermarchés. Des supermarchés que l’on fait garder par les forces de l’ordre armées de mitraillettes et aidées par des tireurs d’élite postés sur les toits. La tension est à son comble. Le 3 octobre, une cellule de coordination et d’information, la cellule Enquête Brabant, et une task force sont mises sur pied. Elles regroupent des membres de la gendarmerie et de la Police judiciaire.

Le 9 novembre 1985, les Tueurs vont de nouveau faire parler d’eux. Cette fois, leur cible est le Delhaize d’Alost. Celui-ci est pourtant sous haute surveillance policière, mais rien ne peut effrayer ces Tueurs.

Les policiers à peine partis, une Golf de couleur foncée s’arrête sur le parking, trois hommes en descendent. Ils se dirigent posément vers l’entrée du magasin en tirant sur tous ceux qu’ils croisent. Dans le magasin, ils n’hésitent pas à abattre d’un coup de Riot gun une caissière qui ne va pas assez vite pour leur remettre l’argent. En plus d’elle, ils tueront sans aucune pitié un père et une mère accompagnés de leur fille de quatorze ans, un autre père et sa petite fille de neuf ans, et deux autres adultes ! En tout, huit personnes dont deux enfants trouveront la mort. Un enfant de dix ans, couché par terre, a le malheur de croiser le regard d’un de ces montres. La bête est sans pitié, elle vise le petit garçon en prenant tout son temps, et tire. L’enfant survivra et sera l’un des nombreux blessés de l’attaque.

Très calmement, les Tueurs quitteront les lieux. La police arrivera sur place alors que les Tueurs sont encore présents. Un échange de coups de feu éclate. Certains ont supposé qu’un policier communal d’Alost aurait pu avoir touché celui qui, visiblement, était le chef du commando. Après leur départ, ils seront un instant poursuivis par la police, mais les véhicules de trop faible puissance qui équipent nos policiers à l’époque ne permettent pas à ceux-ci de suivre bien longtemps la Golf GTI des Tueurs.

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