Santo Tomas, notre première colonie entre mensonge et abandon

Santo Tomas, notre première colonie entre mensonge et abandon

Santo Tomas, notre première colonie entre mensonge et abandon

On pense que les rêves de colonies n’ont été que le fait de Léopold II. On se trompe, car son père, déjà, voulait des possessions ailleurs dans le monde. Il passera toute sa vie en revue toutes les possibilités qui auraient pu satisfaire son désir d’expansion Dans les années 1830, une société anglaise avait déjà eu le projet d’exploiter la région de Santo Tomas au Guatémala, mais sans y parvenir.
En 1840, une association belge, soutenue par le ministre de l’Intérieur, reprend ce projet à son compte et crée une « Société Belge de Colonisation ». 

Elle s’engage, auprès des gouvernements belge et guatémaltèque, à établir une colonie à Santo Tomas qui devra compter, après dix ans, mille familles ; elle s’engage aussi à créer écoles, dispensaires et hôpitaux… Le projet accepté, la compagnie achète Santo Tomas avec l’aide du roi Léopold Ier. L’objectif de Léopold est non seulement d’exploiter de riches ressources naturelles, mais aussi de réduire la criminalité en Belgique. Pour ce faire, la SBC lance de vastes campagnes de propagande à destination des populations les plus défavorisées de Belgique, n’hésitant pas à dépeindre, à travers de belles gravures, la région comme une sorte de paradis. Elle va même jusqu’à faire circuler de fausses lettres de colons parlant de cet endroit comme d’une terre d’abondance. Nos dirigeants et le roi peuvent-ils ignorer cette opération de manipulation ? Certainement pas. 

Le fait est que des gens mordent à l’hameçon et partent, mais la vie sur place est loin de ce qui était vanté sur les brochures. En réalité, c’est un véritable enfer fait de chaleur, de maladies et de moustiques. Les Belges ont beau se démener, la colonie ne décolle pas. Les dissensions naissent et, petit à petit, l’engouement du début chez nous fait place au désintérêt et à la perte du financement. On finira même par ne presque plus se préoccuper du sort de notre première colonie. En 1845, l’entreprise s’arrête ; la goélette « Louise-Marie » ramena, quand même, les quelques rares survivants en Belgique. Seuls quelques-uns resteront et deviendront citoyens du Guatémala.