Notger (972-1008)

Notger (972-1008)

Notger (972-1008)

« Tu dois Notger au Christ et tout le reste à Notger. » Cette maxime illustre à quel point, encore de nos jours, la marque du premier prince-évêque de Liège est profondément imprimée dans la Cité, où il entreprit un vaste programme de construction. C’est aussi sous son épiscopat que se met en place, à Liège, le système de l’Eglise impériale.


La prise de Chèvremont

Au Xe siècle, une forteresse réputée inexpugnable trône sur la colline de Chèvremont. En 972, le maître en est, selon les sources, le seigneur Immon ou Idriel, selon les sources, un pillard invétéré qui constitue une menace pour Liège. Avec l’aval de Theophano, veuve d’Otton II et régente de l’empire, Notger, excédé, décide d’entreprendre le siège du château. Or, l’épouse d’Immon, Isabeau, venait de donner naissance à un fils. Comme, à l’époque, il était important de faire baptiser rapidement un enfant et, pour un seigneur, par un ecclésiastique de haut rang, Immon décide d’envoyer une délégation à Notger pour l’inviter à faire la paix et à venir procéder au sacrement. À la surprise de tous, Notger accepte, mais en songeant à profiter de cette opportunité pour éliminer Immon. Un stratagème est mis au point. Le lendemain, quand ce seigneur voit une procession de 500 religieux encapuchonnés montant la colline en chantant des litanies, Notger en tête, il fait descendre le pont-levis, lever la herse et l’accueille. Avant de pénétrer au cœur de la forteresse, Notger répond aux paroles de bienvenue : « Maintenant que je suis dans le château qu’on me le rende ! J’y suis, j’y reste… Il n’y a ici ni doyen, ni prêtre, mais 500 braves chevaliers armés de fer qui sauront te mettre à la raison. » Là-dessus, les prétendus moines saisissent les armes qu’ils avaient dissimulées sous leur robe de bure et dans une charrette couverte de branchages. La bataille est sanglante. Immon, acculé contre un rocher, se précipite dans le vide et tombe dans la Vesdre qui coule au pied du pic. Par l’effet de surprise, Notger s’est ainsi débarrassé de son dangereux rival et emparé de la seigneurie caprimontoise.