Les CCC

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En plus de l’attaque de Vielsalm et pour couronner cette soi-disant période de calme entre les deux séries d’attentats des Tueurs du Brabant, les Cellules communistes combattantes, allaient se montrer les parfaites exécutrices, volontaires ou pas, de la stratégie de la tension à la belge qui, comme ailleurs, allaient passer d’actes violents posés et non revendiqués par l’extrême droite à d’autres violences mais revendiquées, elles, par l’extrême gauche.

Du 2 octobre 1984, jour où les Cellules communistes combattantes attaquent à l’explosif la société LITTON Business Belgium à Evere, une multinationale fabriquant le système de guidage des missiles Cruise qui doivent être installés sur la base de Florennes au 16 décembre 1985, date à laquelle la police arrête à Namur Pierre Carette, Didier Chevolet, Bertrand Sassoye et Pascale Vandergeerde, les CCC allaient commettre une vingtaine d’attentats. Les informations dont les CCC disposaient, comme le fait qu’ils s’attaquent à des objectifs comme les oléoducs de l’OTAN, la section documents de l’OTAN à Zaventem, le software de Mororola, où ils ne touchent pas au disque dur qui, lui, contient réellement tout ce qui est important, semblent confirmer qu’elles étaient infiltrées par les services secrets américains.

Une autre indication va dans ce sens. Leur chef, qui avait été arrêté le 13 mars 1984 pour avoir aidé des membres d’Action directe à enlever un inspecteur de police, fut immédiatement relâché. Est-ce un autre hasard si le frère de ce chef était membre de l’extrême droite et actif dans des mouvements comme Jeune Europe et Occident ? Est-ce encore un hasard si un ami toujours du chef des CCC est devenu membre d’Aktiongemeinschaft Nazionale Socialisten, lié au WNP ? Est-ce toujours un hasard si un collaborateur du journal d’extrême gauche Pour travaillait comme indicateur pour la Sûreté de l’État ? Pourquoi un autre ami du chef des CCC, un truand connu dans le milieu sous le surnom du coiffeur, membre du gang de Bruno Farcy, collaborait-il avec le commandant François et la DEA américaine ? Ce même truand apporta certainement de l’aide logistique à ceux de ses amis qui commirent les vols d’armes chez Dekaise, une des premières attaques des Tueries du Brabant.

Toutes ces constatations ainsi que le fait, vraiment important, qu’on ait retrouvé les armes volées pendant la manœuvre Oesling, exécutée par des Forces spéciales et l’extrême droite, furent retrouvées dans des caches des CCC à Liège, Bruxelles et Charleroi et même dans une ferme d’Action directe en France, font dire à certains que visiblement, les CCC n’étaient qu’un instrument de plus devant permettre une reprise en main musclée de l’État.

C’est d’ailleurs aussi durant cette même période que John Wood, alias Gardiner, un agent américain, est parvenu à infiltrer le très influent Mouvement de la Paix, qui s’opposait à l’installation de missiles américains chez nous. Wood avait été formé à Fort Bragg, où il était devenu un spécialiste de l’antiterrorisme et de la guerre psychologique. L’infiltration de Wood porta ses fruits, car il gagna rapidement la confiance des pacifistes et organisa avec eux des actions antiaméricaines devant les bases militaires. Le 29 mars 1984, il vola des obus à Florennes et accusa Rudi Daems, un des leaders des pacifistes qui l’avait logé la nuit précédente, d’être l’auteur du vol alors qu’il était totalement innocent. Cette tentative d’implication dans un acte délictueux n’empêchera pas Daems de devenir un des chefs de file de Groen, et de siéger, jusque juin 2009, au Parlement flamand. Le but de Wood et de son commanditaire, la CIA, était de discréditer les mouvements militants pour la paix et, en même temps de démontrer, à la suite des militants du WNP en 1982 avec le vol de télex et de codes ultrasecrets, la vulnérabilité des bases de l’OTAN en Belgique.

 

Les attentats des CCC donnèrent en tout cas à notre ministre de la Justice, l’occasion d’organiser, le 19 octobre 1984, l’opération Mammouth, c’est-à-dire une vaste opération de perquisitions dans 120 organisations de gauche et d’extrême gauche. Ainsi les services spéciaux disposaient-ils d’un nouvel inventaire complet de tous les noms des communistes et cryptocommunistes de Belgique, document très important en cas de tentative de déstabilisation de la gauche ou de guerre avec l’Union Soviétique !

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