De l’herbe pour soigner Charles Quint

De l'herbe pour soigner Charles Quint

De l'herbe pour soigner Charles Quint

En 1532, Charles Quint était tracassé par sa santé. Une crise de goutte le fit beaucoup souffrir. Dans la foulée, il fut victime d’une chute de cheval et écrit à sa sœur, Marie de Hongrie: « J’ai la jambe si échaudée qu’elle me paraît en feu. J’ai dû me purger et garder le lit pendant cinq jours. Après une longue diète, je constate que ma jambe est informe mais je commence à pouvoir m’en servir. »

Pourtant, des complications se présentèrent et ses médecins, dont l’illustre Vésale, lui conseillèrent d’amputer la jambe! Il refusa et expliqua à sa sœur : « Pour remède, on me propose une jambe de bois. Bien que mes jambes soient encore assez mauvaises, je les préfère à cette invention-là ! »

Charles Quint eut raison de ne pas suivre l’avis des hommes de science car, bientôt, il se sentit mieux. Malheureusement, ses yeux, sans cesse gonflés, et de tenaces migraines prirent le relais… Échaudé par la solution radicale proposée par son entourage médical, il écrit à Marie de Witte, l’abbesse du monastère de Florival, qui avait soigné avec succès les mêmes symptômes décelés chez sa sœur, Éléonore, reine de France (née à Louvain en 1498).

Il quémanda «les herbes, drogues et compositions nécessaires ainsi que la recette pour en user, avec bain et étuve ». Par ailleurs, rapporte Jo Gérard dans son “Histoire des médecins belges” (Éditions Wesmael-Charlier – 1981) l’empereur s’adressa au greffier de l’ordre de la Toison d’Or : « Si elle faisait des difficultés pour donner par écrit sa recette, de peur qu’elle tombe en d’autres mains et qu’elle ne soit publiée, vous pouvez la rassurer de notre part et lui dire que sa recette ne sera livrée à personne. »

La religieuse, plutôt honorée que Charles Quint ait pensé à elle, marqua d’emblée son accord en précisant: «Nous sommes en avril et c’est en mai seulement que je pourrai cueillir des herbes encore meilleures que je vous enverrai. » Le grand homme guérit et ne se montra nullement ingrat : l’abbesse reçut cent écus d’or. Elle promit qu’ils seraient convertis en pignon à la nef de sa « pauvre église ». Et garda secrète sa thérapie miracle.