Après les Tueurs du Brabant, place aux CCC et aux manœuvres militaires

Après les Tueurs du Brabant, place aux CCC et aux manœuvres militaires

Après les Tueurs du Brabant,
place aux CCC et aux manœuvres militaires

Après cette dernière opération (le vol à main armée et double meurtre d’Anderlues), les Tueurs disparaissent subitement. Pendant une période de vingt-et-un mois, on n’entendra plus parler d’eux. Ce n’est pas pour autant que nos policiers auront moins de travail et l’actualité n’en continuera pas moins à être malmenée et d’étrange manière.

Une action aussi étrange que violente se passe en mai 84 dans les Ardennes belges et luxembourgeoises au cours d’une opération militaire qui porte le nom de Oesling.

Au programme, des attaques-surprises à Bastogne, Neufchâteau, Stockem, Sibret, Marche-en-Famenne, Longlier. Entre autres, une opération de sabotage contre le relais RTBF de la forêt d’Anlier. Mais aussi un dépôt de carburant et des postes de gendarmerie dont, soit dit en passant, une attaque nocturne à la grenade d’exercice faillit mal tourner car on avait oublié de… prévenir les gendarmes de l’exercice ! Ces opérations doivent permettre l’entraînement des Forces Spéciales américaines, droppées sur la province début mai et engagées dans des opérations conjointes avec des paras belges. La manœuvre, calquée sur l’organisation de la résistance en 1944, est téléguidée à partir d’un état-major en Grande-Bretagne, relayé sur le continent par un QG au Luxembourg et par deux cellules de contact, à Diekirch et à Vielsalm. Des civils prennent part à cette opération. Pour la plupart d’anciens militaires de la province, ils fournissent de la nourriture, des munitions, assurent les contacts radio entre les groupes et leurs déplacements à bord de véhicules civils. Un participant civil, ancien para en charge de la logistique, a rapporté avoir transporté des commandos de Flawinne et des hommes des Forces Spéciales (qui ne s’exprimaient qu’en anglais et dans les langues de l’Est) dans les environs de la caserne de Vielsalm.

Ce qui est prévu ce jour-là c’est, officiellement, l’attaque de la caserne des Chasseurs ardennais du lieu et plus particulièrement un baraquement où étaient entreposées de vieilles armes. Mais Oesling était un leurre, un piège. Les Forces spéciales américaines et les militaires belges qui y participaient, y étaient uniquement pour servir d’alibi ou de couverture. Au cours de la même opération, un commando spécial en profite pour attaquer, mais réellement. Ce qui les intéresse, c’est l’attaque. Ils veulent en découdre. Ils tirent à balles réelles pour tuer. Un adjudant se retrouve à terre, blessé, ils lui tirent encore dessus avec une Thompson 45, une arme de guerre américaine très populaire pendant la Seconde Guerre mondiale. Il ne peut bien entendu pas s’agir d’un malentendu, des militaires en exercice savent s’ils tirent à balles réelles ou pas, et tout le monde peut reconnaître un homme ensanglanté. C’est par miracle que le garde échappe à la mort malgré quatre balles dans le corps. La seule chose qu’il ait pu voir, c’est que son agresseur portait l’uniforme des réservistes de l’Armée de l’air. Tout a été visiblement bien préparé. Par contre le butin est maigre. Les agresseurs volent une vingtaine d’armes et quelques munitions. Par après, on retrouva des armes dans des appartements des CCC à Uccle et chez Action directe à Paris.

L’auditorat militaire chargé de l’enquête se dessaisit rapidement en faveur du Parquet de Marche-en-Famenne, les enquêteurs considérant que les auteurs potentiels devaient être des terroristes d’Action directe ou des CCC. Malgré ces « conclusions », aucun des deux groupes ne fut jamais inculpé pour l’attaque de Vielsalm… Le parquet général conclut à un vol par inconnus, probablement des truands auxquels les terroristes avaient dû racheter les deux armes…

 

Il est bien entendu courant de voir des truands attaquer des casernes appartenant à des unités d’élite comme les Chasseurs ardennais…

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