1912 : la Belgique nage entre deux eaux, mais le vent la pousse vers l’Allemagne

1912 : la Belgique nage entre deux eaux, mais le vent la pousse vers l'Allemagne

1912 : la Belgique nage entre deux eaux, mais le vent la pousse vers l'Allemagne

Dès 1911, le général Joffre, nouveau chef d’état-major, avait informé le Conseil supérieur de la défense nationale qu’il serait vraiment souhaitable que, en cas de risque de guerre, l’armée française puisse pénétrer préventivement en Belgique.

Cette proposition reçoit un véto catégorique de la Belgique et de l’Angleterre.

Le 27 novembre 1912, avec l’assentiment de lord Grey, le général Wilson se rend à l’état-major français et déclare que le Foreign Office estime « que la Belgique est hésitante sur le choix de son camp si un conflit éclate entre la France et l’Allemagne et qu’elle paraît pencher plutôt du côté de l’Allemagne ».

« Or, ajoute-t-il, si la France viole la première la neutralité belge, l’armée belge marchera sûrement avec les Allemands, et le gouvernement britannique pourrait être alors sommé de faire respecter la neutralité : il se trouverait ainsi dans une situation très embarrassante. Il n’y a donc, conclut-il, aucun intérêt pour l’armée française à violer la première la neutralité de la Belgique. »

Joffre a donc été contraint d’échafauder d’autres plans, puisqu’en France, la politique militaire dépend de la politique gouvernementale.

En réalité, l’état-major français connaît, depuis 1904 (sans y croire totalement) la manœuvre allemande qui consistera à passer à travers la Belgique pour déborder les défenses françaises. Il aurait voulu pouvoir compter sur l’aide de l’armée belge, mais, pour ne pas provoquer l’Allemagne, toute coopération militaire entre Français et Belges est soigneusement évitée.

Caricature du magazine britannique Punch : la "petite" Belgique entravant le chemin de la "grande" Allemagne - 1914

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